11 Novembre : commémoration du drame de l’oscillo-battante

Un mois jour pour jour après le drame, les plaies sont loin d’être refermées, à l’image de la fenêtre. En hommage à cette journée d’horreur, le 11 novembre est une journée fériée, et des cérémonies ont lieu un peu partout en France. Alors que les victimes sont encore sous le choc, elles reviennent sur ce jour où tout a basculé.

« J’en fais encore des cauchemars. »

Au fond de la salle E201, les bouquets de fleurs s’entassent. C’est là, il y a maintenant un mois jour pour jour, que la fenêtre oscillo-battante a failli s’effondrer, faisant un total d’une presque-victime, mais choquant surtout profondément les élèves du Master CNCM. Dans un silence glaçant, David et Antoine, main dans la main, viennent se recueillir. « J’en fais encore des cauchemars», nous avoue Antoine.

Des cauchemars, Antoine Tignon à de quoi en faire : le 11 octobre, il était aux premières loges pour assister à l’accident de l’oscillo-battante. S’il s’est plus ou moins remis de ses émotions (il voit un psychologue régulièrement), de nombreuses questions demeurent : « A l’heure où je vous parle, la fenêtre n’est toujours pas réparée. Est-ce qu’on pourra un jour la refermer ? J’en doute de plus en plus … En plus, mes fonctions me confèrent une certaine responsabilité vis-à-vis des évènements. Je m’inquiète surtout pour Bastien, son état mental devient préoccupant.»

Un calvaire pour les victimes

Bastien, nous l’avons rencontré, tant bien que mal. Il vit désormais reclus, ne sort que très rarement. Un rien l’effraie. Il conserve jalousement une sorte d’alliance, qu’il caresse frénétiquement, l’appelant son « précieux». Les évènements de l’oscillo-battante semblent l’avoir profondément marqué. Lorsqu’on lui remémore l’accident, il semble se parler à lui-même : « Nous avons survécu grâce à moi … Nous n’avons plus besoin de toi ! Le maitre veille sur nous à présent ! »

Ces propos confus justifient l’inquiétude de ses camarades. « On est terrorisés à chaque fois qu’on vient en cours. On a peur qu’il se passe encore un drame», nous confie Ugo. « Et puis, on arrive bientôt en hiver. Les chauffages sont allumés maintenant, toute la chaleur va s’évacuer par cette fenêtre. » Des préoccupations environnementales, qui s’ajoutent aux risques pour la sécurité. « J’ai pris contact avec Amina à ce sujet», nous informe Antoine. « Elle a bien pris conscience de la situation, mais aucune mesure n’a été prise à ce jour. On est en colère, il faut l’avouer. »

La fenêtre oscillo-battante est cassée

Un devoir de mémoire

« En effet, c’est un désastre à tous les niveaux. On se demande ce qu’attend l’université pour réagir. Pas plus tard que la semaine dernière, une guêpe est entrée dans la salle par cette fenêtre. Ca a créé un mouvement de panique, au moins deux personnes se sont ruées vers l’autre extrémité de la salle. Ca devient vraiment un enfer », regrette Maxime.

Ces propos choquants résonnent tout particulièrement en ce jour de commémoration. A son tour, Adrien vient déposer une gerbe sur le siège de Bastien. Il s’essuie les lèvres, puis marque un instant de silence, les larmes aux yeux. « Il me doit encore une pinte, j’espère qu’il reviendra vite», nous glisse-t-il dans un soupir, avant de se diriger vers la sortie. « Il ne faut pas que cela se reproduise. Nous avons un devoir de mémoire » , ajoute-t-il avant de passer le pas de la porte.

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